




« C’est beau, c’est ma première sélection et je marque. Je ne peux pas rêver mieux. Et comme en plus on a gagné, c’est le plus important ».




En route vers l’afrique


Patrice Evra et Florent Malouda le lui avaient prédit. « Tu rentres et tu marques. » Mathieu Valbuena avait sans doute imaginé, dans ses songes d'enfant, s'illustrer ainsi pour sa première sélection.
Décisif pour sa première sélection, Mathieu Valbuena incarne l’esprit offensif qui anime les Bleus. Il peut même prétendre à un rôle majeur au sein de l’équipe.
En août dernier, si l’on avait dit à Didier Deschamps que Mathieu Valbuena pourrait être l’un des titulaires chez les Bleus à la Coupe du monde, le champion du monde aurait ri aux éclats. Pourtant, le milieu offensif est aux portes d’une place dans le onze tricolore. Valbuena ou le rouleau compresseur.
Des débuts fracassants. L’histoire moderne des Bleus est peuplée de joueurs qui se signalent dès leur première sélection.

Mais il y a se signaler et se signaler. Du doublé de Zinedine Zidane à Bordeaux, le 17 août 1994 face à la République tchèque, au but de Julien Faubert contre la Bosnie le 16 août 2006 pour sa première et à ce jour dernière cape, il y a un monde. Mathieu Valbuena, vingt-cinq minutes en bleu depuis mercredi soir, navigue entre les deux. Il ne sera jamais, comme n’importe quel autre joueur, l’égal de Zizou, mais ne connaîtra pas non plus une carrière météorite à la Faubert. Le lutin de 1,67 m a déjà tout d’un grand. Son entrée en jeu le résume. Premier ballon, il réussit un extérieur pied droit, va au duel sur le deuxième pour récupérer le ballon, ce qu’il fait, et frappe sur sa troisième touche !
Culot, fraîcheur, talent, tel est Valbuena !
Prêt à bousculer la hiérarchie. Comme il l’a fait à Marseille en début d’année alors qu’il n’entrait absolument pas dans les plans de Deschamps, Valbuena semble prêt à lustrer son étoile. « J’espère qu’elle l’accompagnera jusqu’au 11 juillet », a souri mercredi soir Raymond Domenech. Si le système en 4-3-3 se confirme, le Phocéen possède un vrai coup à jouer à droite de l’attaque. Si le sélectionneur fixe Ribéry à gauche, c’est le poste le plus soumis à la concurrence avec les possibilités qu’offrent Govou, Anelka voire Gignac. Mais, vu le match du Lyonnais à Bollaert et sa saison en général, compte tenu du peu d’appétit du deuxième pour ce rôle et de l’erreur de casting concernant le troisième, bien meilleur dans l’axe, il ne reste que Valbuena pour dynamiter le côté offensif droit de l’équipe de France.
Enclin à toutes les audaces en ce début de préparation, Domenech doit y penser en se couchant.
Et peut-être même en se levant tant l’affaire paraît séduisante sur le papier.
La mascotte du groupe. Il n’a pas encore été bizuté par les Bleus. Ni chansons (il adore ça) ni discours. Mais tout le monde l’aime. A Tignes, il a mis l’ambiance avec Ribéry, avec qui il a joué un an à Marseille. Dans l’hôtel savoyard, il traînait le plus souvent avec Evra, Abidal et surtout Henry, signe qu’il est adoubé et très apprécié. Celui que Modeste MBami a un jour appelé « Petit Vélo » ne possède pas encore de surnom en sélection. Cela ne devrait pas tarder. En effet, Petit Vélo avance déjà avec un gros braquet.
leparisien.fr 28 mai 2010